Communiqués de presse - Juin 2006 - La richesse naturelle de l’Afrique est la clé de ses perspectives économiques - United Nations Environment Programme (UNEP)
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La richesse naturelle de l’Afrique est la clé de ses perspectives économiques

Les succès et les défis mis en lumière dans la deuxième édition de L’Avenir de l’environnement en Afrique

Nairobi, le 27 juin 2006 – La pauvreté pourrait disparaître à jamais du continent africain si les richesses en ressources naturelles de la région étaient exploitées de manière efficace, équitable et durable, affirme un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

Cependant, quelques problèmes non résolus demeurent et doivent être abordés d’urgence. Parmi eux: les taux élevés de dégradation du sol, l’usage excessif d’eau en agriculture et les changements climatiques.

Selon la deuxième édition de L’Avenir de l’environnement en Afrique (AEO-2), d’autres défis font leur apparition : par exemple, les organismes génétiquement modifiés, les coûts associés aux espèces exotiques envahissantes et le transfert de la production de produits chimiques des pays développés aux pays en voie de développement.

Le rapport note toutefois que plusieurs pays africains adhèrent aujourd’hui à de nombreux traités internationaux en matière d’environnement et que de nouveaux accords de coopération, relatifs à l’exploitation de cours d’eau et d’écosystèmes partagés tels que le Limpopo ou à la gestion de forêts d’importance mondiale comme celles du bassin du Congo, voient continuellement le jour.

Parallèlement, des initiatives telles que le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) lancé par l’Union Africaine, promettent de lancer la région et sa population sur une voie plus prospère où règne un équilibre entre les préoccupations économiques, sociales et environnementales.

Plusieurs pays africains, y compris la Gambie, ont inséré l’environnement dans leurs stratégies de réduction de la pauvreté et d’autres commencent à utiliser le système fiscal ainsi que d’autres mécanismes du marché pour conserver une variété d’écosystèmes, telles que les forêts.

Pas plus tard que la semaine dernière, la Tanzanie a annoncé, lors de la lecture de son budget national, une exonération de la TVA sur le gaz de pétrole liquéfié visant à réduire la production énergétique à base de charbon et de bois. Au Kenya, les panneaux solaires et le matériel qui y est associé bénéficient désormais d’une exonération fiscale.

Achim Steiner, le Directeur exécutif du PNUE, a aujourd’hui déclaré : « Le rapport conteste le mythe selon lequel l’Afrique serait pauvre. En effet, il affirme que si ses vastes richesses naturelles, étaient gérées durablement, avec sensibilité et créativité, elles pourraient servir de tremplin pour une renaissance de l’Afrique ; une renaissance qui atteindrait et même dépasserait les Objectifs du Millénaire pour le développement convenus sur le plan international. Mais cela est loin d’être assuré et, comme l’indique le rapport AEO-2, les Etats africains doivent faire face à des choix difficiles ».

« Si les politiques demeurent inchangées, si la volonté politique laisse à désirer et si des financements adéquats ne se manifestent pas, alors l’Afrique pourrait se retrouver sur un chemin bien moins durable qui mènera à une érosion de sa richesse naturelle et une misère encore plus extrême, » a-t-il ajouté.

« Une telle voie aura des conséquences néfastes, non seulement sur la majorité des 800 millions de personnes ici, mais sur le reste du monde aussi. Je reste toutefois convaincu que nous atteignons rapidement un point tournant de la réponse africaine et que les pièces du puzzle qu’est la durabilité s’assemblent peu à peu, a affirmé M. Steiner ».

« Les gouvernements montrent une volonté renouvelée de coopérer et de lancer un dialogue sur les différentes questions régionales et mondiales urgentes. Les dirigeants africains reconnaissent de plus en plus l’importance économique de l’environnement en tant qu’instrument de développement, de survie quotidienne, de paix et de stabilité. Je suis persuadé que nous avons une opportunité réelle de faire avancer les choses grâce à cette impulsion, » a-t-il conclut.

Henry Djombo, Ministre de l’économie forestière et de l’environnement de la République du Congo et nouveau Président de la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement (AMCEN), a déclaré : « La production du rapport AEO-2 est une réponse clé à une des priorités exprimées par les Chefs d’Etat dans le contexte d’une Union africaine revitalisée et de son Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique ».

« AMCEN est fier d’avoir travaillée en étroite collaboration avec le PNUE, avec des institutions spécialisées de l’Union africain, des organisations régionales, les parties prenantes majeures et le système des Nations Unies en général, pour faire le point sur les grandes priorités de la région tout en soulignant les options et les actions politiques nécessaires pour renforcer l’investissement, la croissance économique, la lutte contre la pauvreté et contre la vulnérabilité humaine, éléments critiques de la gestion durable de nos ressources, a-t-il ajouté ».

Le rapport AEO-2, élaboré au nom de la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement (AMCEN) avec l’appui financier du PNUE et des gouvernements belges, luxembourgeois et norvégien, est l’œuvre de chercheurs et de scientifiques issus du tout le continent.

 


Potentiel inexploité
De l’eau douce aux forêts, du sous-sol au milieu marin, la région ne réalise qu’une fraction de son potentiel économique à base naturelle, selon le rapport AEO-2, sous-titré Notre Environnement, Notre richesse.

Le rapport cite, par exemple, le potentiel énorme mais relativement inexploité du tourisme centré sur la nature et les sites culturels.

« L’Afrique dispose de nombreuses attractions touristiques, et pourtant chaque année, sa contribution ne représente que quatre pour cent des milliards de dollars générés par l’industrie touristique mondiale, » rapporte AEO-2.

Des arguments similaires sont présentés en ce qui concerne l’alimentation, dans une région qui détient « suffisamment de ressources agricoles pour produire une quantité suffisante à nourrir l’ensemble de sa population, mais où actuellement, une personne sur trois reste sous-alimentée ».  

Le rapport renverse également l’opinion généralement acceptée que l’Afrique souffre d’une pénurie d’eau. Au contraire, le rapport souligne à quel point cette ressource est sous-exploitée dans les domaines de l’irrigation, l’approvisionnement en eau potable et la production énergétique.

La ressource renouvelable en eau douce du continent est de 4.000 km3  par an, soit près de 10 pour cent de la ressource mondiale en eau douce et qui correspond quasiment à la part africaine de la population mondiale.

Pourtant en 2005, seulement cinq pour cent du potentiel de développement est exploité au profit de « l’industrie, du tourisme et de l’hydroénergie », indique le rapport.

Le rapport rappelle aussi que l’Afrique « est un géant minier » qui produit près de 80 pour cent du platine mondial, plus de 40 pour cent des diamants du monde et plus d’un cinquième de l’or et du cobalt. Et pourtant sa base industrielle est insignifiante.

Selon le rapport, dans le cas des minerais et des produits forestiers, par exemple, il faut d’urgence « ajouter de la valeur aux ressources naturelles ».

« D’un exportateur majeur de ressources premières, l’Afrique doit devenir un exportateur » ayant une base industrielle et de transformation dynamique.

Le rapport AEO-2 évalue l’état de l’environnement et en tire des scénarios plausibles quant aux conséquences probables de différentes politiques dans les décennies à venir.

La difficulté des choix auxquels sont confrontés les dirigeants, le milieu des affaires  et la société civile doivent est mis particulièrement en évidence dans les scénarios portant sur l’eau douce et la terre.

Terre

Si la production agricole en Afrique dépendait uniquement des forces de la demande, le niveau de dégradation des terres augmenterait, dans le cas le plus extrême, de 25.000 à 35.000 hectares par an.

Cette intensification rapide de l’agriculture affecterait particulièrement les forêts : la couverture forestière chuterait de façon dramatique entre 2005 et 2025.

Selon un scénario plus prometteur, surnommé la Grande Transition, les terres arables augmenteraient de 10 pour cent entre 2005 et 2025.

Selon ce scénario, cette augmentation dérive non pas d’une exploitation accrue des terres arables existantes mais  de la mise en culture de terres détenues par le gouvernement.

Des réformes fiscale encourageraient également l’utilisation avisée des sols, l’adaptation des cultures à différents facteurs locaux, y compris climatiques, géographiques, démographiques et culturels.

Le taux de dégradation du sol pourrait atteindre 0,1 million d’hectares par an d’ici 2015. Au cours de la même période, des programmes de restauration mèneraient à une augmentation de la couverture forestière.

L’eau douce
Dans le pire des scénarios, la compétition pour l’eau croîtra au moment même d’une croissance de l’expansion industrielle. Les grands perdants seront certainement les populations locales.

La croissance industrielle dans la région sera probablement due à l’implantation d’usines (chimiques, par exemple) par des entreprises de pays industrialisés dans des régions en développement telles que l’Afrique et plus particulièrement l’Afrique du Nord et australe.

Les nouvelles industries généreront de nouveaux emplois mais consommera jusqu’à16 pour cent des ressources, mettant une pression additionnelle sur les ressources d’eau souterraine, déclare le rapport.

Le prix de l’eau pour la consommation domestique pourrait monter en flèche dans de nombreuses villes d’Afrique, obligeant les populations à s’approvisionner à partir de ressources moins chères, mais plus polluées.

Dans ce cas, à l’avenir, plus d’un tiers des Africains n’auront pas un accès adéquat à l’eau.

Selon le meilleur des scénarios, les industries devront respecter des normes rigoureuses régissant la pollution et, bien que l’usage industriel de l’eau augmente, atteignant un peu moins d’un cinquième de l’usage global des ressources, les rejets ne polluent pas les lacs ou les rivières.

La croissance de la demande industrielle est contrebalancée par des gains dans l’usage efficace de l’eau en agriculture, grâce, par exemple, à l’adoption de systèmes d’irrigation au goutte à goutte.

Actuellement, l’agriculture en Afrique représente90 pour cent de l’usage d’eau. Dans le cas de la Grande Transition, ce taux chute à 60 pour cent suite à l’introduction et la promotion par les gouvernements de tarifs et de systèmes d’irrigation à utilisation permettant d’économiser l’eau.

Cependant, la disponibilité de quantités plus importantes d’eau salubre conjuguée à une croissance industrielle résultera certainement en une utilisation accrue, voir même à du gaspillage, dans des zones de croissance urbaine.

Ainsi, dans ce scénario, la proportion de citoyens africains sans accès à un approvisionnement adéquat en eau sera de 26 pour cent d’ici 2050 pour une population qui s’élèvera à 1,5 milliard.

Le rapport indique que si nous comptons atteindre et maintenir les objectifs de développement convenus internationalement plus d’efforts doivent être faits pour sensibiliser les consommateurs et améliorer l’utilisation domestique en ville.

Préoccupations émergentes

Les espèces exotiques envahissantes, allant des crapauds aux arbres, sont au nombre des préoccupations émergentes de l’Afrique, affirme le rapport AEO-2.

Les experts ont identifié de nombreuses formes de vie, introduites délibérément ou accidentellement en Afrique, qui empoisonnent le bétail, endommagent les réserves d’eau, qui sont des vecteurs d’infections ou qui nuisent au tourisme.

On estime que le plus grand nombre d’espèces exotiques se trouve en Afrique du Sud, suivie de l’Ile Maurice, du Swaziland, de l’Algérie, de Madagascar et du Kenya.

Chaque année, leur impact pourrait s’élever à des centaines de millions de dollars de dommages et pourrait également contribuer à freiner le progrès économique et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.

L’acacia mearnsii, un arbre introduit en Afrique du Sud  il y a plus de 150 ans essentiellement pour la production d’écorces, est nuisible aux berges des fleuves et menace les espèces sauvages du Royaume floral du Cap, un des grands points chauds de la biodiversité.

Depuis 1995, le gouvernement sud-africain a arraché et détruit quelques cinq milliards d’acacias mearnsii. Le coût annuel du contrôle manuel et chimique de l’ensemble des espèces exotiques du Royaume floral du Cap  revient à près de 40 millions de dollars.

En même temps, les stocks de produits chimiques obsolètes et dangereux, le transfert de la production chimique des pays développés aux pays en voie de développement et les lacunes dans la manutention de substances toxiques éveillent des inquiétudes supplémentaires.

Ce problème a été mis en lumière dans une nouvelle étude sur les terres humides du Sénégal où la pollution chimique agricole et industrielle a mené à une diminution de moitié des prises halieutiques dans certaines zones.
Le rapport AEO-2 appelle à ce qu’une pléthore de mesures soit mise en place afin d’assurer que l’Afrique maximise les bénéfices de toute industrialisation chimique.

Parmi les mesures suggérées : une amélioration de l’évaluation et du suivi des risques, une meilleure la gestion des déchets, de l’étiquetage de produits afin de promouvoir des choix avisés chez les consommateurs et des systèmes de réponse en cas d’urgence.

Les recommandations se font l’écho de celles faites lors du Sommet mondial sur le développement durable de 2002, et soutenues par les ministres de l’environnement dans l’Approche stratégique à la gestion internationale des produits chimiques élaborée lors de la Session extraordinaire du Conseil d’administration du PNUE/Forum ministériel mondial sur l’environnement à Dubai au début de l’année.

Le troisième problème émergeant est en rapport avec la façon dont la région réagit face aux promesses et risques potentiels associés aux plantes génétiquement modifiées.

Le rapport note que près de 20 pays africains cultivent des OGM ou font des essais sur le terrain. L’Afrique du Sud, le Bénin, le Cameroun, l’Égypte, ainsi que le Kenya, le Mali, le Maroc et le Zimbabwe font parti de ces pays.

Le rapport reconnaît que de telles cultures haute technologie pourraient aider à combattre la famine et la faim, et ainsi jouer un rôle dans la réalisation des objectifs de développement convenu au plan international.

Mais il y a lieu de s’inquiéter, note le rapport, que ces cultures soient perçues comme une « solution magique », détournant l’attention des questions fondamentales relatives à la faim, comme des systèmes de distribution alimentaire inadéquats, l’incapacité des pauvres à accéder à des terres agricoles et la mauvaise gestion environnementale.

Une préoccupation supplémentaire est liée au fait que trop peu de pays africains ont en place les structures d’évaluation de risques et les structures scientifiques, juridiques et administratives nécessaires pour faire face à cette nouvelle génération de cultures.

Un projet de renforcement des capacités de plusieurs millions de dollars, entrepris par le PNUE et financé par le Fonds pour l’environnement mondial, vise à combler ces lacunes afin qu’une centaines de pays en développement, dont plus d’une trentaine en Afrique, acquièrent les techniques et élaborent les lois nécessaires pour accepter ou rejeter les OGM.

Notes aux éditeurs

La deuxième édition de l’Avenir de l’environnement en Afrique (AEO-2) – Notre environnement, notre richesse n’est actuellement disponible qu’en anglais. L’intégralité du rapport peut être téléchargée sur www.unep.org. Une version française du résumé analytique du rapport est disponible à la même adresse.

Pour en savoir plus, veuillez contacter  Nick Nuttall, Porte-parole du PNUE, Bureau du Directeur Exécutif, au Tel: +254 20 762 3084; Mobile: 254 733 632 755, courriel: nick.nuttall@unep.org

Ou Angèle Luh, Responsable de l’information du PNUE pour la région africaine, au tel: + 254 20 7624292 fax: + 254 20 7623928 mobile: + 254 2 722 429770 courriel: angele.luh@unep.org

 

Communiqué de presse du PNUE

 



 

 

Autres Liens

Résumé analytique
L'Avenir de l'environnement en Afrique, 2ème édition (pdf- 2.2 Mo)

Secrétariat de la Conférence ministérielle africaine sur l'environnement
(en anglais)

Les autres publications de la série GEO

Bureau régional du PNUE pour l'Afrique

 

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