La protection de la Grue de Sibérie, en péril, et des zones humides cruciales relie la biodiversité et le développement humain - United Nations Environment Programme (UNEP)
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La protection de la Grue de Sibérie, en péril, et des zones humides cruciales relie la biodiversité et le développement humain

, , Bonn, le 14 juin 2010 - Les nouveaux plans de conservation de la grue de Sibérie, dont le nom scientifique est « Grus leucogeranus », couvrant toute sa gamme et ses routes migratoires qui s'étendent sur plusieurs continents, ont été approuvées pour sauver l'espèce de l'extinction. Au cours de sa migration annuelle, la grue de Sibérie voyages à plus de 5.000 km de son aire de reproduction en Yakoutie et en Sibérie occidentale, en s'arrêtant dans des zones intermédiaires de repos et d'alimentation, pour enfin atteindre ses sites d'hivernage , respectivement dans le sud de la Chine et en Iran.

Au cours de ces longs voyages, suivant trois itinéraires de migration disticts appelés voies de migration, ces oiseaux surmontent des obstacles considérables tels que de hautes montagnes et de vastes déserts. D'autres menaces, comme la chasse en Asie de l'ouest et en Asie centrale ou encore le drainage des zones humides critiques en Asie de l'est, sont toutefois bien plus dangereuses et font courir un risque encore plus important à cet espèce. Seuls 3.000 à 3.500 grue de Sibérie subsistent dans le monde entier.

Au cours du siècle dernier, l'agriculture, les barrages, la pollution, la gestion des ressources d'eau douce inadéquate, l'exploitation du pétrole et le développement urbain ont détruit plus de 60% des zones humides en Europe, et pas moins de 90% dans le monde.

La Convention du Programme des Nations Unies pour l'environnement sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) a organisé cette réunion à Bonn afin de sauvegarder l'avenir de cette espèce d'oiseaux protégée sous l'égide du texte « Memorandum of Understanding (MoU) » de la CMS, qui concerne spécifiquement les mesures de conservation s'appliquant à la grue de Sibérie. Cet outil de conservation, qui a été créé en 1993, dans le cadre de l'ambitieux projet de la réhabilitation de zones humides pour la grue de Sibérie (SCWP) est soutenu par le PNUE/Global Environment Facility (GEF). Dans le cadre de ce projet, des responsables gouvernementaux ainsi que des experts et des écologistes se sont réunis pour adopter des stratégies visant à réduire la chasse, améliorer la gestion des ressources en eau et atténuer l'impact du changement climatique sur l'espèce.

La Secrétaire exécutif de la CMS, Elizabeth Mrema Maruma a déclaré: «Au cours de l'Année internationale de la biodiversité, la Convention continue de protéger cet oiseau majestueux et ses habitat, les zones humides, qui sont un élément essentiel pour les humains et les espèces voisines de la grue de Sibérie. Non seulement les écosystèmes que l'on retrouve dans ces zones humides produisent de l'eau potable, mais ils fournissent également une protection contre les inondations et emprisonnent le carbone, ce qui aide à atténuer le changement climatique. "

L'élevage en captivité et la réintroduction de l'espèce dans la nature en Sibérie de l'Ouest au cours de ces 20 dernières années, ont été menés en réponse au déclin important des populations en Asie de l'ouest et en Asie centrale. Ce déclin était principalement à la chasse. L'utilisation de la technologie satellite pour suivre l'évolution et les déplacement de la grue de Sibérie, la sensibilisation des communautés et une meilleure formation des chasseurs, constituent les éléments principaux de cette stratégie de conservation.

La révision de la stratégie actuelle afin d'y inclure des réponses aux menaces existantes ou émergentes, le transfert des connaissance de l'Europe vers l'Amérique du Nord et les améliorations des législations nationales des pays concernés contribuera à un cadre régional pour une chasse durable. La surveillance et la recherche afin de mieux explorer les schémas de migration et de mieux déterminer les lieux d'hivernage de l'espèce aidera à protéger la grue de Sibérie dans sa globalité .

La perte d'habitats dans les zones humides est une menace majeure pour la grue de Sibérie. La gestion de l'eau de ces zones humides est donc cruciale. L'utilisation de l'eau dans l'agriculture, le détournement des ressources d'eau et la construction de canaux a entraîné des pénuries d'eau sévère dans les habitats principaux de la grue de Sibérie habitats. Les conséquences de cette mauvaise gestion de l'eau sont renforcées par les effets du changement climatique tels que les sécheresses, avec pour résultat une augmentation de la pression sur les espèces et sur les humains à plus long terme.

« L'International Crane Foundation » et « Wetlands International » préparent des plans avec la CMS et les gouvernements en Asie centrale afin d'améliorer la résilience des principales zones humides aux changements climatique, et ce

pour sauver les oiseaux migrateurs.

Une meilleure gestion des ressources en eau est prévue dans les sites répertoriés dans le réseau des sites d'Asie centrale/Ouest fréquentés par la grue de Sibérie et par d'autres oiseaux d'eau migrateurs. Ce réseau a été lancé dans le cadre du Mémorandum. Lors de la réunion de Bonn, deux nouveaux sites ont d'ailleurs été désignés pour rejoindre réseau, le « Thanedar Wala Game Reserve » (Khyber Pakhtoonkhwa) et le Barrage de « Taunsa » (Pendjab), tous deux sont situés au Pakistan . Ces deux nouveaux sites ont été choisis à cause de leur importance pour les oiseaux d'eau migrateurs et donc pour la grue de Sibérie.

Le projet de réhabilitation des zones humides pour la grue de Sibérie (SCWP) a reçu 10,3 millions de dollars de financement du GEF. Il a été lancé pour sécuriser le voyage des grues de Sibérie et des autres oiseaux aquatiques migrateurs, et ce en assurant la protection des principaux habitats des oiseaux d'eau. Il s'est achevé avec succès plus tôt cette année. Il a joué un rôle de déclencheur dans la mise en ouvre du Protocole d'accord de la CMS concernant la grue de Sibérie et a permis de préserver un réseau de 16 zones humides essentielles pour les oiseaux d'eau en Chine, en Iran, au Kazakhstan et en Russie. Les débits d'eau on été maintenus à un niveau suffisamment élevé pour maintenir les services produits par les écosystèmes présents dans les zones humides, dont l'approvisionnement en eau purifiée pour des millions de personnes dans la région eurasienne. Une expansion du réseau de sites et des infrastructures établie auparavant, dans le cadre du projet, sera désormais appliquée aux points névralgiques dans 11 supplémentaires, signataires du Protocole d'accord de la CMS s'appliquant à la grue de Sibérie.

La grue de Sibérie est la troisième espèce de grue la plus menacée au monde, elle doit faire face à une série de menaces. L'intégrité écologique de son site d'hivernage principal, qui se situe au bord du lac Poyang dans la province du Jiangxi, est une cause de préoccupation. En effet, des projets de régulation d'eau qui affectent le système sont actuellement en cours d'élaboration. Une proposition de nouveau barrage entre le lac Poyang et la rivière Yangtze, pourrait avoir une influence particulièrement néfaste sur les habitats essentiels de la grue de Sibérie et de nombreux autres oiseaux aquatiques. Le lac Poyang est le site d'hivernage de 99% de la population mondiale des grues de Sibérie, ce domaine est donc un site essentiel pour l'avenir de l'espèce.

Les plupart des individus de la population mondiale de l'espèce proviennent d'Asie de l'est, d'Asie centrale et d'Asie occidentale. Le population d'Asie centrale et les populations d'Asie occidentales sont presque éteintes, principalement en raison de la chasse excessive et illégale. Les efforts sont concentrés sur le rétablissement de ces populations et sur la réduction de la chasse.

Des mesures concrètes contre la perte d'habitats due au développement économique rapide des régions situées le long de la voie migratoire de l'est sont prévues. Les menaces auxquelles les oiseaux d'eau migrateurs font face le long de leurs voies de migration continueront à être surveillée, la gestion et l'éducation des communautés des sites concernés se poursuivront au niveau national et international.

La CMS continue d'exhorter les gouvernements participants à élargir les partenariats et à respecter leurs engagements pour sauver la grue de Sibérie ainsi que ses habitats, à travers l'échange d'informations et la mise en place d'actions de conservation dans les sites importants et sur les trois voies de migration passant par la Russie, l'Azerbaïdjan, l'ouest de l'Iran , l'Ouzbékista, l'Inde, l'Asie centrale et l'est de la Chine.