Nagoya 2010: Moins de réchauffement climatique et plus de biodiversité - United Nations Environment Programme (UNEP)
Programme des Nations Unies pour l'environnement
l'environnement au service du développement Rechercher 
Salle de presse
 
 Accueil
 Contacts Médias
 Communiqués de  presse
 A la une
 Discours
 Photos
 Audiovisuels
 Films et Vidéos
 RSS / Baladodiffusion
 Affiches
 E-Cards

 

 

 Imprimer [English][中文]
 

Nagoya 2010: Moins de réchauffement climatique et plus de biodiversité

, De nouvelles cartes nationales identifient les lieux où les investissements dans le CO2 peuvent contribuer à préserver les moyens de subsistance des communautés et la richesse de la biodiversité

Nagoya, 18 octobre 2010 - Une cartographie des sites d'un pays qui abritent tant des réserves qu'une une vie sauvage riche et des moyens de subsistances pour les populations locales est en cours en Asie, en Afrique et en Amérique latine.

Son but est d'aider la communauté internationale à préserver les forêts pour lutter contre les changements climatiques tout en maintenant d'autres avantages notamment la conservation d'écosystèmes économiquement importants liés à l'eau, aux sols fertiles et aux services de base.

Dans le cadre de la Convention - Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), les gouvernements négocient un mécanisme qui paie pour les "activités" de réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts dans les pays en développement (REDD+), afin de réduire de moitié la déforestation d'ici 2020.

On estime qu'actuellement environ 18 % des émissions de gaz à effet de serre (soit l'équivalent d'environ six gigatonnes (Gt) de CO2) sont dues à un changement d'affectation des terres, et particulièrement au déboisement. En 2004, ces émissions étaient supérieures à celles du secteur des transports.

Des cartes, qui sont levées dans le cadre d'un partenariat conduit par le Centre mondial de surveillance pour la conservation du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE - WCMC), superposent le carbone présent dans la végétation et les sols de l'écosystème terrestre d'un pays avec d'autres caractéristiques importantes, notamment : la densité de population, les activités économiques telles que la production de miel ou de gomme, l'existence d'aires protégées et la biodiversité.

Achim Steiner, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Directeur exécutif du PNUE, a déclaré : « Nous espérons que, grâce à notre aide, les gouvernements pourront définir les investissements prioritaires en matière de carbone. En Tanzanie par exemple, plusieurs régions riches en carbone sont situées dans des territoires où vivent près de 70 % des mammifères du pays. »

« Le relevé indique aussi que presque un quart de ses réserves totales se trouve dans des sites où la densité de carbone est élevée et qui ne sont pas officiellement protégés. C'est le genre d'informations et d'analyses dont ont besoin les gouvernements de l'Équateur et du Cambodge pour rentabiliser au maximum les investissements REDD+ et accélérer leur transition vers une économie verte, pauvre en carbone et économe en ressource. »

Le travail du PNUE - WCMC est possible grâce à deux sources de financement : le ministère fédéral de l'environnement, de la protection de la nature et de la sûreté des réacteurs allemand (BMU) et le programme UN-REDD+.

Des relevés ont été effectués pour l'Argentine, le Cambodge, la province chinoise du Jiangxi, l'Équateur, le Honduras, le Nigéria et la Tanzanie. Dans le cadre du programme REDD, le PNUE-WCMC prévoit d'élargir son action à la République Démocratique du Congo et à l'Indonésie.

Son lancement coïncide avec la dixième Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique à Nagoya, au cours de laquelle les participants étudieront les progrès de l'objectif 2010 relatif à la biodiversité auxquels les chefs d'États se sont engagés, ainsi que d'autres questions, notamment la biodiversité et les changements climatiques.

Les résultats seront rendus publics avant la réunion de la CCNUCC à Cancun, Mexique, en novembre prochain, où les avancées du REDD+ tiendront une bonne place dans l'ordre du jour.

Jon Hutton, directeur du PNUE - WCMC, a déclaré : « Les forêts tropicales abritent plus des deux tiers des espèces terrestres du monde et fournissent des services environnementaux indispensables qui garantissent aux populations locales leurs moyens de subsistances. Alors que la biodiversité mondiale est plus menacée que jamais, l'identification des régions qui sont riches à la fois en carbone et en espèces vivantes donne la possibilité d'affecter des ressources financières rares à des projets avantageux qui favorisent l'atténuation de l'évolution climatique et la conservation environnementale. »

Ce que ces nouvelles cartes mettent en évidence dans chaque pays

Argentine

Huitième pays par sa superficie, l'Argentine abrite une quantité considérable de carbone d'origine terrestre (environ 27 Gt). Les régions où la densité de carbone est la plus importante sont les forêts des Andes et de Patagonie au sud-ouest et au sud et celles de Tucumán-Bolivie au nord. La moitié des réserves totales du pays se trouvent dans à peine le quart du territoire. La conversion agricole de ces dernières années a entraîné une considérable déforestation, surtout dans le nord du pays.

Dans les sites-clés pour la biodiversité (Key Biodiversity Areas, KBA), on trouve 3,2 Gt de carbone, soit 12 % des réserves totales du pays. Là, la lutte contre la déforestation devrait contribuer à la conservation environnementale. La prise en compte des moyens locaux de subsistance est un élément fondamental lors de la conception des stratégies de développement dans les 13 % du territoire argentin où la densité de carbone est considérable qui sont aussi très peuplés et très pauvres.

Cambodge

Les réserves de carbone terrestre du Cambodge approchent les 3 Gt. Près d'un tiers est situé dans les forêts sempervirentes, telles que les forêts pluviales des Monts Cardamome dans le sud-ouest du pays.

Près d'un tiers des réserves de carbone terrestre se trouve soit dans des aires protégées (21 %), soit dans des forêts protégées (11 %). Le reste est réparti dans des sites dont la gestion relève de différents statuts : concessions forestières, zones de pêche communautaires ou concessions agricoles. Ceci explique le large éventail de parties prenantes qui pourraient influencer la gestion des forêts riches en carbone.

Province du Jiangxi, Chine

La province du Jiangxi, au sud-est de la Chine, renferme presque une demi-gigatonne de carbone terrestre dont la majorité (71 %) est située dans ses forêts d'épineux et de feuillus. Presque la moitié se trouve dans des régions qui abritent des espèces endémiques et menacées.

Plus de 45 % des réserves totales de carbone de la région se trouvent dans des territoires riches en produits forestiers, parmi lesquels rhizomes, racines, fruits ou bourgeons de bambou et des plantes médicinales qui procurent d'importants revenus aux populations locales.

En préservant le carbone forestier, on permet à la forêt de conserver les sols ; sur 78 % du territoire de la province, le couvert forestier limite l'érosion qui passe de « très grave » à « négligeable ». Ainsi, dans plusieurs régions de la province, une bonne gestion du carbone pourrait être bénéfique grâce à la conservation des sols et une diminution de la sédimentation.

Équateur

La République de l'Équateur détient 5,2 Gt de carbone terrestre dont la majorité se trouve dans les forêts pluviales de l'Amazone et le piémont des Andes. On trouve 15 % du carbone organique dans des régions dont la richesse environnementale est reconnue nationalement.

Au cours des sept dernières années, le Programme Socio Bosque, dont profiteront entre 500 000 et 1,5 million de bénéficiaires, cherche à préserver plus de 3 millions d'hectares de forêts vierges et autres types de végétation dans des sites choisis en raison de leur richesse en carbone, en biodiversité, en autres services de l'écosystème et en moyens de subsistance. Actuellement, les sites déjà inclus dans le Programme Socio Bosque abritent environ 5 % du carbone organique du pays. Ce chiffre pourrait dépasser 30 % si tous les sites hautement prioritaires sont intégrés dans le programme.

Honduras

Les réserves totales de carbone terrestre du Honduras s'élèvent à presque 2 Gt, dont plus d'un tiers dans seulement un cinquième du territoire.

Au Honduras, les aires protégées concernent 18 % de la superficie terrestre et 27 % du carbone du pays. Elles abritent 48 % des régions où la densité carbonique est élevée et 55 % des sites qui sont riches en carbone et où la biodiversité est prioritaire.

Nigeria

La République fédérale du Nigeria détient 7,5 Gt de carbone terrestre. Les plus grandes régions où la densité de carbone est élevée se trouvent au sud du pays, surtout dans le delta du Niger et dans les forêts pluviales.

Approximativement 4 % des réserves totales de carbone terrestre du Nigeria se trouvent dans des Zones importantes pour la conservation des oiseaux (ZICO) et plus de 8 % dans l'aire de répartition des chimpanzés à la frontière avec le Cameroun. Plus important, près de 15 % des réserves de carbone sont à l'intérieur des aires protégées existantes et 86 % dans les ZICO.

Principal producteur de pétrole d'Afrique, le Nigeria a consacré une grande partie de son territoire à l'exploitation de ses gisements. Si l'on détermine comment ces réserves de carbone sont réparties dans le pays, on pourra définir lesquelles pourraient être menacées par de futures concessions gazières ou pétrolières. Approximativement 13 % d'entre elles (0,97 Gt) se trouvent sur des terrains où de nouveaux forages devraient être effectués.

Tanzanie

Les réserves totales de carbone terrestre de Tanzanie sont estimées à près de 12 Gt. C'est dans la région du Kilimandjaro, avec 359 tonnes par hectare, et celle du Kagera, avec près de 200 tonnes par hectare, que la densité de carbone dans la végétation et le sol est la plus forte.

La Tanzanie offre une biodiversité riche, avec 359 espèces de mammifères et 183 espèces d'amphibiens. Les données sur l'aire de répartition des espèces montrent que beaucoup des régions qui peuvent abriter de nombreux mammifères et amphibiens sont aussi celles où la densité de carbone est importante.

Le réseau d'aires protégées abrite près d'un tiers des réserves nationales de carbone, dont près d'un quart cependant, se trouve dans des sites riches en carbone qui sont actuellement en dehors des aires protégées.

En Tanzanie, les réserves de carbone sont menacées notamment par les incendies d'origine humaine. Selon certaines sources, en 2006-2007, 180 Mt de carbone organique pourraient avoir ainsi brûlé. Trente pour cent de ces feux ont pris dans des régions riches en carbone, qui risquent le plus d'être affectées à long terme par la destruction de ces réserves.

Notes aux éditeurs

Tous les rapports sont disponibles et téléchargeables sur :

http://www.unep-wcmc.org/climate/publications.aspx

www.carbon-biodiversity.net

http://www.un-redd.org/multiple_benefits/tabid/1051/Default.aspx

La cartographie du carbone et des avantages effectuée par le PNUE-WCMC et ses partenaires du pays, a été rendue possible grâce aux généreuses contributions de deux financeurs : le ministère fédéral de l'environnement, de la protection de la nature et de la sûreté des réacteurs allemand (http://www.bmu.de/english/aktuell/4152.php) et le programme UN-REDD+ (www.un-redd.org/).

Le programme UN-REDD est un partenariat collaboratif auquel participent l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Programme des Nations Unies pour le développement et le PNUE. Il permet aux pays de renforcer leur capacité à réduire les émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts et de mettre en oeuvre un mécanisme REDD+ dans le régime climatique de l'après-2012.

La dixième Conférences des Parties à la Convention sur la diversité biologique avec le PNUE www.cbd.int/cop10

La seizième Conférence des Parties (CdP) et la sixième Conférences des Parties au Protocole de Kyoto www.unfccc.int.

La REDD+ pourrait servir de mécanisme dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC). Elle a pour but de contribuer à l'atténuation des changements climatiques par la préservation et l'amélioration les réserves de carbone forestier dans les pays en développement. Ses activités sont les suivantes : la réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts (REDD) ; la conservation des réserves de carbone forestier, la gestion durable des forêts et l'augmentation des réserves de carbone forestier (+).

Pour plus d'informations, veuillez contacter

Nick Nuttal, porte-parole du PNUE/Responsable média, tél. +254 (0)7336 32755 ou en déplacement +41 79 596 5737, courriel : nick.nuttall@unep.org

Barney Dickson, Responsable du Programme évolution climatique et biodiversité, PNUE-WCMC, tél. + 44 (0) 1223 814636, courriel : Barney.Dickson@unep-wcmc.org

 
It is estimated that currently close to 18% of greenhouse gas emissions—equivalent to around six Gigatonnes (Gt) of C02-- are linked with land use change, mainly through forest loss