L'Annuaire du PNUE aborde l'appauvrissement des sols en carbone et le démantèlement des réacteurs nucléaires ma, feb 13, 2012

Faire progresser rapidement les techniques de gestion de nos précieux sols sera la clé de la sécurité alimentaire, de la gestion des ressources en eau et du climat au 21e siècle. Selon l'Annuaire du Programme des Nations Unies pour l'environnement 2012, au cours du siècle dernier, 24% de la surface terrestre mondiale a déjà été touchée par les conséquences de la gestion non durables des sols: parmi lesquelles une baisse de la santé et de la productivité des sols.

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UNEP Executive Director Achim Steiner holding a copy of the UNEP Year Book at the launch

, , , , , , , , De l'appauvrissement du carbone dans le sol au démantèlement des réacteurs nucléaires, l'Annuaire du PNUE met l'accent sur les questions émergentes

12e session extraordinaire du Conseil d'administration du PNUE/Forum ministériel mondial sur l'environnement

Nairobi, le 13 février 2012 - Faire progresser rapidement les techniques de gestion de nos précieux sols sera la clé de la sécurité alimentaire, de la gestion des ressources en eau et du climat au 21e siècle.

Selon l'Annuaire du Programme des Nations Unies pour l'environnement 2012, au cours du siècle dernier, 24% de la surface terrestre mondiale a déjà été touchée par les conséquences de la gestion non durables des sols: parmi lesquelles une baisse de la santé et de la productivité des sols.

L'Annuaire du PNUE 2012 met en avant une série d'évaluations qui indiquent que certaines formes d'agriculture conventionnelle et intensive déclenchent un phénomène d'érosion des sols près de 100 fois supérieurs au taux à laquelle la nature façonne les sols en premier lieu.

Si nous ne changeons pas nos techniques de gestion des sols, seuls 20% des habitats terrestres (tels que les forêts, les tourbières et les prairies) dans les pays en développement pourront encore être convertis en terres cultivées d'ici 2030, ce qui aggravera encore davantage la perte de services éco systémiques vitaux et la disparition de la biodiversité.

La détérioration des sols pourrait également avoir des implications profondes dans le mécanisme des changements climatiques. En effet, les sols contiennent d'énormes quantités de carbone, sous forme de matière organique, qui se lient aux autres éléments nutritifs nécessaires à la croissance des plantes et qui permettent aux précipitations de pénétrer dans les nappes phréatiques souterraines.

Au cours du 19e siècle, on estime que 60% du stock de carbone emprisonné dans les sols et dans la végétation a été relâché à la suite des changements dans la façon dont nous utilisons les terres (le défrichement pour l'agriculture et l'urbanisation).

Selon certaines estimations, plus de 2 200 gigatonnes (Gt ou milliards de tonnes) de carbones sont stockées dans le premier mètre de la couche supérieure des sols de la planète, soit 3 fois plus que le taux de carbone présent actuellement dans l'atmosphère de la Terre.

Si les modèles de gestion des terres utilisés actuellement demeurent inchangés, des quantités croissantes de carbone pourrait donc être libérée dans l'atmosphère, aggravant le réchauffement climatique lié à la combustion de combustibles fossiles.

L'Annuaire du PNUE 2012, lancé à la veille de la 12ème session extraordinaire du Conseil d'administration du PNUE/Forum ministériel mondial sur l'environnement, pointe du doigt les tourbières comme étant des zones particulièrement risquées.

L'assèchement des tourbières, particulièrement riches en carbone, engendre actuellement des émissions équivalentes à plus de 2 Gt de CO2 par an, soit six pour cent des émissions anthropiques de gaz à effet de serre.

Aujourd'hui, les tourbières subissent un taux de dégradation 20 fois plus rapide que la vitesse à laquelle la tourbe s'accumule, il en va donc de même pour le stockage du carbone.

Cette publication, lancée quatre mois avant le Sommet de Rio +20, souligne une autre problématique mondiale émergente: celle du démantèlement d'un nombre croissants de réacteurs nucléaires en fin de vie.

Au cours des dix prochaines années, on prévoit de fermer jusqu'à 80 réacteurs nucléaires civils. Ces réacteurs de premières générations atteignent leur fin de vie de conception d'origine.

En janvier 2012, 138 réacteurs nucléaires civils avaient été fermés dans 19 pays, dont 28 aux États-Unis, 27 au Royaume-Uni, 27 en Allemagne, 12 en France, 9 au Japon et 5

dans la Fédération de Russie. Le processus de déclassement n'a été complété que pour 17 d'entre eux, à ce jour.

Les pays ont également réévalué leurs programmes nucléaires à la suite du tsunami qui a frappé la ville de Fukushima et sa centrale nucléaire, en 2011.

Pendant ce temps, un nombre croissant de pays en développement ont construit ou envisagent de construire des centrales nucléaires, ce qui pourrait signifier plus de fermetures d'usines nucléaires à l'avenir, lorsqu'elles auront atteint leur fin de vie.

Selon la publication du PNUE, le coût du démantèlement varie considérablement en fonction du type de réacteur, de sa taille, de son emplacement, de la proximité et de la disponibilité des installations d'élimination des déchets. Enfin, le coût dépend aussi de l'état du réacteur et du site au moment du déclassement.

Aux États-Unis, le coût moyen du déclassement d'un réacteur nucléaire, selon certaines estimations, revient à environ 15 % du coût en capital initial. En France, dans le cas du réacteur de Brennilis, le coût a été estimé à environ 60% du coût initial du réacteur, un pourcentage qui est encore à la hausse actuellement.

Achim Steiner, Secrétaire général adjoint de l'ONU et Directeur exécutif du PNUE, a déclaré: "L'Annuaire 2012 du PNUE met deux problématiques émergentes sous les feux des projecteurs. Ces deux questions posent des défis, de même qu'elles sous-tendent des choix. Les Etats nations devront envisager de construire un 21e siècle durable en mettant en place un système amélioré de gestion d'urgence des sols et en démantelant de nombreux réacteurs nucléaires ".

"A première vue, ces deux questions peuvent sembler distinctes, mais les deux problématiques touchent plusieurs questions fondamentales pour l'avenir de l'humanité: comment le monde va se se nourrir, tout en luttant contre le changement climatique et en gérant des stocks de déchets extrêmement dangereux" a-t-il ajouté.

"La mince couche du sol qui s'étend à la surface de la Terre est l'un de ces écosystèmes que l'on oublie souvent mais qui est primordial pour la survie future de l'humanité toute entière. L'Annuaire 2012 du PNUE propose de nombreuses options pour une amélioration et une gestion durable des sols tels que la politique «no-till» qui favorise une agriculture productive sans qu'il ne faille détruire les tourbières", a déclaré M. Steiner.

"L'Annuaire 2012 du PNUE souligne également les options et la complexités du démantèlement des centrales nucléaires quand celles-ci atteignent leur fin de leur vie. Il s'agit d'une question pour laquelle il n'existe que des informations éparses, mais pour laquelle il faudrait peut-être faire une analyse plus approfondie, surtout où nous devons faire des choix clairs en matière de politique énergétiques: le prix de fabrication de ces usines et le problème des matières radioactives sont des éléments qui doivent être pris en compte pour assurer un avenir durable aux générations actuelles et futures ", a-t-il conclu.

L'Annuaire du PNUE 2012 ? Points forts

Les avantages du carbone emprisonné dans le sol

L'Annuaire du PNUE 2012 encourage le développement de méthodes de laboratoire pour mesurer, rapporter et vérifier les variations du taux de carbone présent dans le sol au fil du temps.

Le stockage du carbone peut être amélioré en faisant en sorte que les apports de carbone au sol soient supérieurs aux pertes de carbone. Par exemple:

  • Les forêts ont un potentiel considérable de réduction des émissions de gaz à effet de serre puisqu'elles stockent d'importantes quantité de carbon, aussi bien au-dessus qu'en dessous du sol.
  • Les prairies offrent un potentiel mondial d'atténuation de l'effet de serre de l'ordre de 810 Mt de CO2 d'ici 2030, la quasi-totalité de ces gaz seraient emprisonnés dans le sol des prairies.
  • En ce qui concerne les terres cultivées, l'intégration simultanée de plusieurs cultures dans un même champ peut permettre d'augmenter la matière organique, la biodiversité et la santé des sols, ainsi que la production alimentaire. C'est particulièrement vrai pour les cultures de subsitances.
  • La paludiculture est une alternative innovante à l'agriculture conventionnelle des tourbières. Elle implique la culture de biomasse sur les tourbières humides ou ré-humidifiées, qui peuvent contribuer à l'atténuation du changement climatique en réduisant les émissions par le biais de la réhydratation de tourbières drainées, et par le remplacement des ressources fossiles par des sources renouvelables de biomasse.

Partout dans le monde, il existe des exemples concrets sur la façon dont on peut tirer des bénéfices à partir de la gestion durable des stocks de carbone présents dans les sols:

Au Kenya, le Fonds Biocarbone de la Banque mondiale a mis en place le projet d'agriculture carbone du Kenya, financé par les Etats Unis à hauteur de 350 000 dollars (USD). Ce projet permet de payer les petits agriculteurs pour qu'ils améliorent leurs pratiques agricoles, afin d'accroître la sécurité alimentaire et l'emprisonnement du carbone dans le sol.

De Dakar à Djibouti, l'initiative pour une « Grande Muraille Verte » est un projet de reboisement massif qui vise à créer une bande de 15 km de large remplie d'arbres (et de toute sorte de végétation) sur 7000 km. Le but est d'améliorer la séquestration du carbone, de stabiliser les sols et de conserver l'humidité des sols (entre autres).

En Chine, des approches similaires sont mises en place et évaluées afin de déterminer si la dégradation des terres dans les zones arides peut être inversée.

Au Brésil, les changements dans les pratiques de production agricole ont prouvés leurs effets positifs sur les stocks de carbone présents dans le sol. L'utilisation des techniques « no-till » dans la production de soja ou de maïs, combinée à des systèmes de rotation connexes des cultures a permis d'augmenter le taux de séquestration du carbone dans le sol à 0,41 tonnes par hectare et par an.

En Argentine, des augmentations significatives des stocks de carbone ont également été réalisées dans les régions où les agriculteurs ont adoptés la technique « no-till ». La rétention de l'eau, l'infiltration et la prévention de l'érosion ont également été améliorées.

La fermeture et le démantèlement des centrales nucléaires

Trois méthodes de déclassement sont généralement admises: le démantèlement immédiat, le démantèlement différé et la mise au tombeau.

Chaque approche exige des décisions rapides et claires concernant la date de la fermeture des installations et l'utilisation future du site. Chaque étape exige également un financement adéquat, du personnel qualifié, une surveillance réglementaire du stockage et des installations d'élimination des déchets.

  • Une des leçons tirées est que les centrales nucléaires doivent être conçues dès le départ pour être démantelée de manière sûre et efficace.

Plusieurs pays ont développé une expertise dans le démantèlement. Mais il existe d'importantes différences géographiques, en ce qui concerne les degrés d'expertise. Aux États-Unis, par exemple, les 1450 installations nucléaires gouvernementales ont été entièrement mises hors service. On compte également un certain nombre de réacteurs mis hors service.

Le déclassement futur des centrales nucléaires entraînera une certaine compétition en matière d'expertise, de ressources et d'installations de traitement des déchets.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a établi un réseau international de démantèlement afin de faciliter les échanges d'expérience entre tous les pays membres.

Il est d'une importance critique de veiller à ce que l'expérience acquise et les leçons apprises soient partagées et appliquées au niveau mondial, en temps et en heure pour qu'elles soient appliquées à tous les autres démantèlements prévus dans le futur.

L'Annuaire du PNUE 2012 souligne que l'industrie nucléaire devra continuer d'innover et de développer de nouvelles approches et de nouvelles technologies qui facilitent un processus de démantèlement "intelligents": c'est-à-dire plus sûr, plus rapide et moins cher.

Notes aux rédacteurs:

- L'Annuaire du PNUE 2012 est disponible à l'adresse: http://www.unep.org

- Des informations concernant la douzième session extraordinaire du Conseil d'administration du PNUE / Forum ministériel mondial sur l'environnnement sont disponibles à cette adresse: http://www.unep.org/french/gc/gcss-xii/

- Pour en savoir plus sur le 40e anniversaire du PNUE, visitez le site: http://www.unep.org/french/40thAnniversary

- L'économie verte dans le contexte du développement durable et de l'éradication de la pauvreté est l'un des principaux thèmes de la Conférence des Nations Unies pour le développement durable, Rio +20. Plus d'informations sont disponibles sur le site: http://www.uncsd2012.org/rio20/

- Pour plus d'information sur l'Initiative pour une Economie verte du PNUE et sur le Rapport « Economie verte » sont disponibles à l'adresse suivante: http://www.unep.org/greeneconomy

- 2012 est l'Année internationale pour l'énergie durable pour tous. Plus d'informations sur cet événement, veuillez consulter le site suivant: http://www.sustainableenergyforall.org/~~V

- Déclaration de M. Achim Steiner à l'Agence internationale de l'énergie nucléaire (AIEA) lors de la Conférence ministérielle sur la sûreté nucléaire - 22 juin 2011:

http://www.unep.org/greeneconomy/greeneconomyreport/tabid/29846/default.aspx

Pour de plus amples informations, veuillez contacter:

Nick Nuttall, Porte-parole du PNUE et Directeur des communications par intérim, par Tél. : +254 733 632755, ou par E-mail: nick.nuttall@unep.org

Shereen Zorba, Chef de la Salle de presse du PNUE, par Tél. : +254 788 526000, ou par E-mail: Shereen.zorba@unep.org

 
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