Des études des Nations unies confirment que la transition vers l'économie verte promet des avantages multiples pour les petits états insulaires ma, feb 24, 2014

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Kurumba Island, Maldives. Image courtesy of the Small Island Developing States Network (SIDSNet)

Note d'information sur l'année internationale des petits états insulaires en développement (PEID),

Nairobi, 24 février 2014-  Créer les  conditions favorables pour  la transition vers une  économie verte  dans les petits états insulaires en développement (PEID)  c’est-à-dire des investissements publics améliorés aux instruments de marché fiables et  une meilleure gouvernance aidera les 50 millions de résidents des PEID à construire  une résilience au climat, atteindre la croissance économique et profiter de meilleurs conditions de vie.

Selon certaines  études menées par Programme des Nations Unies de l'environnement (PNUE), la transition offrira  aux PEID  la possibilité de mieux gérer leur  capital naturel, protéger leur environnement, créer des emplois verts  pour atteindre le développement  durable.

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Directeur exécutif du PNUE Achim Steiner a déclaré,  « Le développement futur de nombreux états insulaires en développement dépend d'une base de ressources très étroite qui est constamment confrontée  aux impacts à haut risque du  changement climatique et des catastrophes naturelles. Au cours de notre vie, nous pourrions assister à la disparition de petits états insulaires en développement en raison de l’élévation du niveau de la mer. »

« De la croissance économique au changement climatique et la sécurité alimentaire, les problèmes auxquels sont confrontés les PEID sont multidimensionnels et exigent une action intégrée pour y remédier. Une approche inclusive de l’économie verte offre des opportunités pour les PEID pour  mieux gérer le capital naturel, protéger l'environnement, créer des emplois verts et parvenir à un développement durable. Pour ce faire, il est essentiel  que les conditions favorables nécessaire  soient  fournies  pour générer et stimuler des investissements à la fois publics et privés qui intègrent des critères environnementaux et sociaux plus larges », a-t ’-il ajouté.

FAIRE FACE A LA VULNERABILITE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

Les PEID  sont connus pour être particulièrement vulnérables aux changements climatiques en raison de leur petite taille, leurs  ressources de  base limitées, leur haute sensibilité aux risques naturels, la faiblesse de leur résilience économique et des capacités humaines et technologiques limitées.

En 2007, le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a estimé que le réchauffement climatique global conduira à une élévation du niveau marin de 180 à 590 mm en 2100, alors que des recherches plus récentes suggèrent que ces estimations sont susceptibles d'être au moins deux fois plus importantes.

Des  pays tels que Kiribati, les Maldives, les îles Marshall et  Tuvalu deviendraient  inhabitables dans ce scénario, alors qu'une part importante de la population de nombreux PEID serait déplacée ou affectée de façon importante.

Ces impacts négatifs  se produisent même si la production combinée de dioxyde de carbone des PEID  représente moins d’un pour cent des émissions mondiales, ce qui signifie qu’ils ne contribuent pas de manière significative aux changements climatiques. Cependant, les émissions des PEID  sont en hausse : de 1990 à 2006, les émissions de CO2 des PEID ont  augmenté  au taux annuel de 2.3 pour cent.

Des impacts négatifs sur l'eau potable et la production agricole sont prévus en raison de l'intrusion saline dans les aquifères côtiers et la destruction des récifs coralliens et des habitats halieutiques  touchés par la hausse des températures et l’acidification des océans.

D’autres impacts sur le changement climatique incluent la destruction des infrastructures et des avancées de développement en raison des cyclones tropicaux plus forts, tels que ceux  de 2004 (Grenade, Haïti et Niue), de  2005 (îles Cook) et de 2008 (Fidji, Cuba et Haïti).

Par exemple, l'ouragan Ivan a endommagé 90 pour cent du patrimoine  immobilier de l'île de Grenade, avec un impact estimé à 527 millions  de dollars soit 38 pour cent  du PIB du pays, selon l'organisation des Etats  de la caraïbe orientale.

L’adaptation au changement climatique a été identifiée par les PEID comme une priorité majeure. Il représente également un coût économique important ; le coût  de l'élévation du niveau de la mer dans le pays de la communauté des Caraïbes  à elle seule est estimé à 187 milliards de dollars d’ici à 2080 dans le cadre d’un scénario sans changement.

ADAPTATION

Le programme sur le  changement climatique du PNUE  est mis en œuvre dans les PEID  à travers les Caraïbes, l'Atlantique, l'océan Indien et le Pacifique pour les appuyer à réduire leur vulnérabilité et construire une résilience au changement climatique.

Le PNUE travaille en collaboration avec les PEID  afin de mieux comprendre les impacts et les vulnérabilités  associés au changement climatique et à identifier, sélectionner et mettre en œuvre des options d'adaptation, y compris les approches d’adaptation  basées sur les écosystèmes (EbA) ( en utilisant des services fournis par les écosystèmes).

A travers son Programme d’appui global aux plans d’adaptations nationaux, le PNUE  appuie également  les PEID dans  leur planification d'adaptation à long terme. En outre, pour faciliter l'accès des pays au financement de l'adaptation, PNUE soutient plusieurs  PEID ans le processus d'accréditation  d’accès direct au fonds d'adaptation.

A travers les réseaux régionaux liés  au réseau mondial d'Adaptation (GAN),le PNUE facilite l'échange de connaissances et l'apprentissage sur l'adaptation. Pour fournir une plateforme d’échanges transrégionale entre les PEID,  le PNUE explore les intérêts des pays et des organisations compétentes  pour le lancement du  réseau thématique interrégional GAN sur les PEID  lors de la troisième Conférence des PEID  à  Samoa.

LA TRANSITION VERS L’ENERGIE DURABLE EST ESSENTIELLE

De nombreux PEID ont peu ou pas accès aux  sources d’énergies modernes et abordables, et les  prix de l'énergie y sont parmi les plus élevés  au monde. Dans certains cas, les coûts de  l'électricité  sont 500 pour cent plus élevés qu’aux États-Unis, principalement en raison de la dépendance aux combustibles au pétrole importés.

Par conséquent, le secteur de l'énergie dans la grande majorité des PEID est la principale source d'émissions de CO2 et de vulnérabilité économique. La  production d'électricité consomme plus de 50 millions de barils de pétrole par an  pour fournir  90 pour cent de d'énergie primaire.

L'amélioration du secteur  de l’énergie des PEID  requiert une réduction de moitié de la dépendance aux combustibles fossiles d’ici à 2035  à travers une transition vers les sources  d'énergie renouvelables (océanique, géothermique, solaire, éolienne et les biocarburants). Les pays de la communauté des Caraïbes estiment  que la transition pourrait coûter des dizaines de milliards de dollars américains.

Le secteur du transport, dans le même temps, consomme plus de 100 millions de barils de carburant par an. Une réduction de 25 pour cent  à l'horizon 2035 exigera de nouvelles technologies, un soutien au niveau de l’infrastructure et des finances.

Dans le même temps, les pays  au niveau individuel mettent en œuvre des projets pour améliorer l’efficience énergétique :

  • Dans le pacifique, les politiques énergétiques nationales de Fidji et du Vanuatu promeuvent la production de carburants biologiques à travers la plantation sur des espaces dégradés;
  • Dans les Fidji,  les îles Salomon, Samoa et Vanuatu l’hydroélectricité est plus en plus utilisée pour la production électrique ;
  • Dans les Barbades et  à Antigua, le gouvernement a accordé des subventions pour encourager l'utilisation de chauffe-eau solaires ;
  • La biomasse commerciale est devenue une importante source d'énergie renouvelable dans  plusieurs PIED.

                                                                                                       

L’AQUACUTURE ET LA PECHES A PETITE ECHELLE

La pêche joue un rôle significatif  dans l'économie, les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire des PEID, qui ont accès plus important aux eaux côtières et à la mer. La pêche  représente dans certaines îles jusqu'à 12 % du PIB total.

La Consommation de poisson dans les PEID du Pacifique représente 50-90  pour cent de protéines dans l'alimentation des populations côtières, alors que la consommation nationale de poisson peut être 3 - 4 fois plus élevée que la moyenne mondiale par habitant.

Le changement climatique devrait  affecter indirectement le secteur de la  pêche dans les PEID,  étant donné que le changement de la température de l'eau  a un impact négatif  sur les récifs coralliens et les mangroves qui représentent des habitats et des niches de ressources pour les poissons. Les changements  des habitudes migratoires des espèces de poissons sont susceptibles d'affecter leur disponibilité.

La pollution, la perte et l’altération des habitats, les méthodes  de récolte destructrices, la  surexploitation, les espèces envahissantes et les catastrophes naturelles sont d’autres menaces qui affectent le secteur halieutique. A côté de ces défis, il  est attendu que le secteur de la pêche réponde aux besoins d'une population croissante.

Un secteur de la pêche qui suive « l’économie verte »  est écologiquement durable,  fournit un niveau plus élevé de biens  et services économiques à moindre coût environnemental et répartit équitablement les avantages

La transition vers une économie verte requerra  l’introduction de mesures spécifiques pour une planification politique et une réforme institutionnelle, un financement durable, l’investissement technologique et le développement de la sensibilisation du public.

ECOLOGISER LE SECTEUR DU TOURISME

Pour plus de la moitié des PEID, le tourisme est la  principale source de devises étrangères et les recettes du tourisme représentent plus de 30 pour cent  des exportations totales. En comparaison, la moyenne pour le reste du monde   est d’un peu plus de 5 pour cent, selon les estimations de la Banque mondiale.

Le changement climatique présente l'un des défis plus importants  du secteur.  La montée du niveau de la mer peut provoquer  la perte de terres le long des côtes des îles de faible altitude, ce qui perturbe les économies et les moyens de subsistance.

Le changement climatique peut causer le blanchissement  du corail chaque année, ce qui entraîne plus de perte  que de recettes. A l’île de la Dominique,  50 pour cent  des coraux  sont blanchis et  le blanchiment du  corail à Tobago  a affecté en moyenne 66 pour cent de  ses coraux durs uniquement pour l’année 2005.

L'industrie du tourisme est un grand consommateur d'énergie et d'eau. Étant donné que la plupart des PEID importent leur énergie et  font face à des défis  relatifs  à la qualité et la disponibilité de l'eau, l’investissement dans le tourisme écologique  est essentiel pour réduire des  dépenses supplémentaires dans  les secteurs connexes.

L'industrie du tourisme devrait être une des premières industries qui promeut les  initiatives vertes,  dans la mesure où elle est à fois dépendante des ressources naturelles et un pourvoyeur important d’emploi et  de croissance économique.

L'écologisation de tourisme exige un changement dans l'ensemble de l'industrie pour la mise en œuvre de politiques, des pratiques et de programmes  durables mettant l’accent sur ​​la conservation des ressources naturelles, la transition vers des sources d'énergie renouvelables, la réduction de la consommation d'eau et la génération de revenus pour les communautés locales.

 

VERS UNE ECONOMIE VERTE INSCLUSIVE.

Les objectifs généraux d'une économie verte  appuient le concept de développement durable, qui a pour objectif le développement et l’éradication de la pauvreté  possibles grâce à une utilisation durable des ressources environnementales.

Il est essentiel que de  bonnes conditions   favorables soient  fournies pour générer et stimuler des investissements dans les  secteurs publics et privés qui intègrent des critères environnementaux et sociaux plus larges.

Plusieurs recommandations ont été présentées pour permettre la transition vers une économie verte inclusivement, y compris : l’accroissement de  l'investissement public dans des activités de l'économie verte, le développement d’instruments axés sur le marché,  la révision des  cadres législatifs et réglementaires et le renforcement des capacités institutionnelles.

L’évaluation économique du capital environnemental et l'équité sociale   sous-tendent  la capacité des décideurs politiques à faire des choix de politique équilibrée pour atteindre le développement durable.

PNUE a également récemment lancé un nouveau processus de prévision  unique pour identifier  et prioriser  les problématiques globales émergentes  environnementales et durables de la perspective des PIED.

Le processus de prévision contribuera à la troisième conférence internationale sur les PEID en 2014.

Le PNUE travaille également avec des partenaires  pour produire un guide pour l'évaluation et la comptabilisation des Services écosystémiques pour les petits États  insulaires en développement, qui vise à développer les capacités des gouvernements à intégrer l'évaluation économique du capital environnemental dans la planification et la mise en œuvre du développement durable.

NOTES AUX ÉDIDEURS

  • La troisième Conférence des PEID, qui se tiendra du 1er au 4 Septembre 2014 à Apia, Samoa, cherchera à atteindre les objectifs suivants: évaluer les progrès accomplis et les lacunes qui subsistent dans la mise en œuvre; obtenir un engagement politique renouvelé en mettant l'accent  sur les actions pragmatiques et pratiques nécessaires à une mise en œuvre renforcée ; identifier les nouveaux défis émergents et les opportunités de  développement durable des PEID et les moyens d'y faire face, et définir les priorités pour le développement durable des PEID  devant être considérées  dans l'élaboration de l’agenda de développement post 2015 des NU.

  • Les caractéristiques particulières des PEID ont reçu une attention importante et  les PIED ont été reconnus comme un groupe distinct pour la première fois lors du sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992. Visitez la liste et le profil pays des PIED ici : http://unohrlls.org/about-sids/country-profiles/
  • Le Programme d'Action de la Barbade pour le développement durable des PEID (PAB) est un programme en 14 points qui identifie les domaines prioritaires et les actions spécifiques nécessaires pour relever les défis spéciaux auxquels sont confrontés les PEID. Les domaines prioritaires sont : le changement climatique et l'élévation du niveau de la mer ; les catastrophes naturelles et écologiques ; la  gestion des déchets ; les ressources marines et côtières ; les ressources en eau douce ; les ressources foncières ; les ressources énergétiques ; les ressources touristiques ;les  ressources de la biodiversité ; les  capacités  des institutions nationales et administratives ; les institutions régionales et la coopération technique ; les Transports et la communication ; la science et la  technologie ; et développement des ressources humaines.

Pour plus d’information, veuillez contacter:

Shereen Zorba, cheffe, Salle de presse du PNUE. Email.shereen.zorba@unep.org

ou

Tel: +254-20 762 5022 / +254788526000.

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