La conférence sur le climat à Doha ouvre la porte à de grandes ambitions et actions sur le changement climatique zo, dec 9, 2012

Les pays ont lancé avec succès une nouvelle période d'engagement qui s'inscrit dans le cadre du Protocole de Kyoto, adopté un calendrier ferme pouradopter un accord sur le climat d'ici à 2015 et se sont accordés sur une voie permettant d'élever l'ambition nécessaire pour répondre au changement climatique

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President´s informal stocktaking plenary

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Doha, le 8 Décembre 2012- A la conférence sur le climat de l'ONU à Doha, au Qatar (COP18/CMP8), les gouvernements ont accédé à une étape essentielle dans la réponse mondiale au changement climatique.

Les pays ont lancé avec succès une nouvelle période d'engagement qui s'inscrit dans le cadre du Protocole de Kyoto, adopté un calendrier ferme pour adopter un accord sur le climat d'ici à 2015 et se sont accordés sur une voie permettant d'élever l'ambition nécessaire pour répondre au changement climatique. Ils ont également approuvé de nouvelles institutions et se sont accordés sur la technologie ainsi que sur les voies et moyens nécessaires pour fournir le financement climatique à grande échelle aux pays en développement.

« Doha a ouvert une nouvelle porte d'entrée pour une plus grande ambition ainsi que pour une plus grande action ? La porte de Doha pour le changement climatique. Le Qatar est fier d'avoir pu amener les gouvernements à accomplir cette tâche historique. Je remercie tous les gouvernements et les ministres pour le travail accompli pour parvenir à ce succès. Aujourd'hui, les gouvernements doivent rapidement franchir l'étape de Doha et aller de l'avant pour adopter des solutions au changement climatique », a déclaré le président de la Conférence, Abdullah bin Hamad Al-Attiyah.

La Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC), Christiana Figueres, a appelé les pays à rapidement mettre en oeuvre ce qui a été convenu à Doha afin que le monde puisse demeurer en dessous de l'augmentation de 2 ° C de températures, le maximum convenu au niveau international.

«Je félicite la présidence du Qatar pour avoir gérer une conférence aussi complexe et difficile. Maintenant, il y a beaucoup de travail à faire. Doha représente une nouvelle étape vers la bonne direction, mais nous avons encore un long chemin à parcourir. L'accès pour rester en dessous des 2 °C est à peine entamé. La science le démontre, les données le prouvent ", a déclaré Mme Figueres.

« Les négociations sur le changement climatique doivent maintenant se concentrer sur des moyens concrets pour renforcer l'action et l'ambition. Le monde possède les moyens financiers de même que la technologie pour rester en dessous des 2 °C. Après Doha, tout est une question d'échelle, de vitesse, de détermination et de respect du calendrier », a-t-elle déclaré.

A Doha, les gouvernements ont également conclu avec succès les travaux s'inscrivant dans le cadre de la Convention qui ont débuté à Bali en 2007 et ont assuré que les derniers éléments de ce travail seront poursuivis dans le cadre du processus des Nations Unies sur le changement climatique.

La prochaine grande conférence des Parties à la CCNUCC - COP 19 / CMP9 - aura lieu à Varsovie, en Pologne, à la fin de 2013.

Les résultats de COP18/CMP8 plus en détail :

1)Amendement du Protocole de Kyoto

Le Protocole de Kyoto, seul accord existant et obligatoire en vertu duquel les pays développés s'engagent à réduire les gaz à effet de serre, a été modifié de façon à prendre effet à partir du 1er Janvier 2013.

  • Les gouvernements ont décidé que la durée de la deuxième période d'engagement sera de 8 ans.
  • Les exigences juridiques permettant une bonne continuation du Protocole ont été adoptées.
  • Les règles comptables du protocole ont été conservées. Les pays qui prennent des engagements au titre du Protocole de Kyoto ont convenu de revoir leurs engagements de réduction des émissions au plus tard d'ici à 2014, en vue d'accroître leur ambition respective.
  • «Les mécanismes de marché du Protocole de Kyoto » - « le mécanisme pour un développement sain », « la mise en oeuuvre conjointe » et « l'échange internationale des quota d'émissions » - peuvent être poursuivis à partir de 2013.
  • L'accès aux mécanismes sera ininterrompu pour tous les pays développés qui ont consenti à des objectifs pour la deuxième période d'engagement.
  • La mise en oeuvre conjointe continuera à opérer selon les règles techniques convenues permettant l'octroi de crédits, une fois que les objectifs d'émissions d'un pays hôte ont formellement établie.
  • L'Australie, l'Union européenne, le Japon, le Liechtenstein, Monaco et la Suisse ont déclaré qu'ils ne porteraient plus aucun crédit excédentaire concernant l'échange des quotas d'émissions (quantités attribuées) au cours de la deuxième période d'engagement du Protocole de Kyoto.

2) Calendrier pour la convention globale sur le changement climatique de 2015 et pour revoir l'ambition à la hausse avant 2020

Les gouvernements ont convenu de travailler rapidement sur un accord universel sur le changement climatique couvrant tous les pays à partir de 2020, qui sera adopté en 2015. En outre, des moyens seront trouvés pour intensifier les efforts avant 2020, au-delà des engagements existants pour réduire les émissions afin que le monde puisse demeurer en dessous des 2 ° C d'augmentation de température.

  • Un nombre significatif de réunions et d'ateliers devront avoir lieu en 2013 pour la préparation d'une nouvelle convention et explorer de nouveaux moyens pour revoir l'ambition à la hausse.
  • Les gouvernements ont convenu de soumettre avant le 1er Mars 2013 au Secrétariat des Nations sur le changement climatique, des informations, des opinions et des propositions sur des actions, des initiatives et des options pour revoir l'ambition à la hausse.
  • Les éléments d'un texte de négociation doivent être disponibles au plus tard à la fin 2014, afin qu'une première ébauche d'un texte de négociation soit disponible avant mai 2015. A Doha, le Secrétaire général Ban Ki-moon a annoncé qu'il convoquerait les dirigeants du monde en 2014 pour mobiliser une volonté politique permettant de respecter l'échéance de 2015.

3)La réalisation de nouvelles infrastructures

A Doha, les gouvernements ont considérablement fait progresser la réalisation de nouvelles infrastructures pour canaliser les technologies et la finance aux pays en développement et ont fait des avancées vers une la pleine mise en ?uvre de cette infrastructure. Plus important encore, ils ont:

  • approuvé le choix de la République de Corée en tant que localisation du Fonds vert pour le climat de même que du plan de travail du Comité permanent des finances. Le Fonds vert pour le climat devrait commencer ses travaux à Sondgo dans la seconde moitié de 2013, ce qui signifie que les activités pourront être lancées en 2014.
  • confirmé la mise en place d'un consortium dirigé par le PNUE abritant le « Centre de technologie pour le Climat » pour une durée initiale de cinq ans. Le Centre, avec son réseau associé, est l'organe de mise en oeuvre du mécanisme technologique de la Convention cadre des nations unies sur les changements climatique des Nations Unies (CCNUCC). Les gouvernements ont également convenu de la constitution du conseil d'administration du «Centre de technologie pour le Climat ».

4)La finance climat à long terme

  • Les pays développés ont réitéré leur engagement à tenir leurs promesses de continuer à soutenir sur le long terme le financement climatique en faveur des pays en développement, l'objectif étant de mobiliser 100 milliards de dollars à la fois pour l'adaptation et l'atténuation d'ici à 2020.
  • La convention encourage aussi les pays développés à augmenter leurs financements entre 2013-15. Ce financement devra être maintenu au moins au niveau moyen annuel de 2010-2012 qui représentait une période de financement à mise en ?uvre rapide. Ceci pour assurer qu'il n'y ait pas d'écart au niveau du soutien financier au moment où les efforts augmentent.
  • Les gouvernements poursuivront un programme de travail sur le financement à long terme en 2013 sous une co-présidence. Ceci aura pour effet de contribuer aux efforts en cours afin d'intensifier la mobilisation de financement et de permettre de fournir, lors de la prochaine Conférence des parties, un état des lieux sur les objectifs atteints.
  • L'Allemagne, le Royaume-Uni, la France, le Danemark, la Suède et la Commission européenne ont annoncé des contributions financières concrètes à Doha pour la période allant jusqu'en 2015, totalisant environ 6 milliards de dollars.

Autres résultats clés de COP18/CMP8 à Doha

Revue

  • Les gouvernements ont lancé un solide processus pour la revue de l'objectif de température sur le long terme. Ce processus qui débutera en 2013 et se terminera en 2015, permettra de vérifier les avancées concernant le changement climatique et les besoins envisagés pour mettre en place de nouvelles mesures.

Adaptation

  • Les gouvernements ont identifié des moyens pour renforcer les capacités d'adaptation des populations les plus vulnérables, notamment grâce à une meilleure planification.
  • Des moyens ont été établis pour mettre en oeuvre des arrangements institutionnels concrets pour fournir aux populations les plus vulnérables une meilleure protection contre les pertes et les dommages causés par les événements à évolution lente telles que la montée du niveau eaux.
  • Les moyens pour mettre en oeuvre des plans d'adaptation nationaux en faveur des pays les moins avancés ont été convenus.

Soutien de l'action des pays en développement

  • Les gouvernements ont complété un registre pour enregistrer les actions de réduction des pays en développement nécessitant une reconnaissance ou un soutien financier. Le registre sera une plateforme web flexible et dynamique.
  • Un nouveau programme de travail pour renforcer les capacités à travers l'éducation et la formation aux changements climatiques, sensibiliser le public et permettre au public de participer au changement climatique décision a été convenu à Doha. Il est important de créer une vague de soutien pour se lancer vers une ère consacrée au changement climatique après 2020.

Nouveaux mécanismes de marché

  • Un programme de travail a été convenu pour poursuivre l'élaboration du nouveau mécanisme basé sur le marché dans le cadre de la CCNUCC, et également pour définir ses possibles éléments de mise en oeuuvre.
  • Un programme de travail été conclu pour développer un cadre de reconnaissance des mécanismes établis en dehors de la CCNUCC, tels que les programmes administrés sur le plan national et bilatérale , et aussi pour analyser leur rôle dans l'appui aux pays pour atteindre leur objectifs de réduction.

Les actions sur les forêts

  • A Doha, les gouvernements ont en outre précisé les moyens de mesurer la déforestation, et de s'assurer que les efforts pour lutter contre la déforestation sont pris en charge.

La capture et le stockage du carbone

  • La réunion des gouvernements à Doha a analysé les moyens permettant d'assurer l'effectivité et l'intégrité environnementale des projets s'inscrivant dans le cadre des mécanismes d'un développement propre relatifs au protocole de Kyoto permettant de capturer et stocker le carbone.

Le développement et le transfert de technologie

  • Les pays ont pris de l'avance sur les travaux permettant le développement et le transfert de technologie pouvant aider les pays en développement à adapter et réduire leurs émissions.

Éviter les conséquences négatives de l'action sur le climat

  • Dans certains cas, la mise en ?uvre d'actions de réduction des émissions pourrait entraîner des conséquences économiques négatives ou sociales pour les autres pays. A Doha, les gouvernements ont discuté sur les mesures pour s'attaquer à de telles conséquences dans un forum spécial.

A propos de la CCNUCC

La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a presque une adhésion universelle et est issu du Protocole de Kyoto de 1997. Le Protocole de Kyoto a été ratifié par 193 Parties de la CCNUCC. En vertu du Protocole, 37 Etats composes de pays hautement industrialises et de pays en transition, se sont légalement engages à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. L'objectif ultime des deux traités est de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique.

Voir aussi : CCNUCC.Secretaire executive du CCNUCC Christiana Figueres sur Twitter:@CFigueres

Suivre le CCNUCC sur Twitter: @UN_ClimateTalks

UNFCCC sur Facebook: facebook.com/UNclimatechange

 
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