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Une occasion unique


Helle Thorning-Schmidt

Premier Ministre du Danemark.

Il y a 20 ans, la première Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement à Rio de Janeiro a fait figurer le développement durable parmi les préoccupations internationales. Aujourd’hui, c’est dans la même ville que le monde se rassemble à nouveau lors de la Conférence de Rio+20 pour entrer dans une nouvelle ère de durabilité.

La population mondiale a atteint les 7 milliards l’an dernier. D’ici à 2050, elle devrait s’élever à 9 milliards. Durant les 20 prochaines années, la demande mondiale en ressources devrait croître de 40 à 60 %. La pression sur les ressources naturelles et les écosystèmes mondiaux sera énorme. Si nous n’agissons pas, la base de notre économie commencera à s’affaiblir. Parallèlement, le changement climatique et la dégradation de l’environnement constitueront des défis pour les populations de la planète.

Pour l’Union européenne et ses États membres, la Conférence de Rio +20 représente une occasion unique de renouveler l’engagement politique en faveur du développement durable et d’obtenir des résultats concrets et ambitieux. L’Union européenne s’est employée avec dynamisme à faire avancer un ordre du jour ambitieux à Rio+20.

L’UE a proposé une feuille de route sur l’économie verte comme résultat opérationnel à Rio. Elle devrait inclure des délais assortis d’objectifs et d’actions spécifiques dans un grand nombre de domaines tels que l’énergie, l’eau, l’agriculture, les océans, les villes et les substances chimiques, et contribuer grandement au développement durable et à l’éradication de la pauvreté. Elle doit également répondre à des questions transversales telles que l’élimination des subventions nuisibles à l’environnement, les réformes fiscales vertes et les financements innovants. Une feuille de route de l’économie verte proposera diverses voies vers le développement durable, dont certaines communes, mais également des pistes individuelles selon les besoins et les situations particulières des pays. Les pays recevront des conseils et une assistance coordonnée du système des Nations Unies et des institutions financières internationales pour les aider à mener des programmes adaptés pour construire une économie plus verte. Pour nous, cette proposition pourrait considérablement favoriser la transition mondiale vers l’économie verte.

Mais les gouvernements ne peuvent aller seuls vers une transition verte mondiale. Il faut un vrai engagement de tous les acteurs. L’UE souligne que le secteur privé et la société civile jouent des rôles clés dans la croissance verte et la promotion de modes de consommation et de production durables grâce aux investissements, aux partenariats public-privé, à la recherche et à l’innovation.

À Rio, la société civile et le secteur privé devront jouer un rôle important. Ces groupes apporteront des contributions importantes à la Conférence et stimuleront de nouvelles visions, une nouvelle inspiration chez les acteurs et de nouveaux partenariats entre eux. Le Brésil, notre hôte, a prévu d’organiser neuf tables rondes qui réuniront des représentants éminents du monde des affaires, de la communauté scientifique et des ONG en vue de formuler des recommandations lors de ce débat de haut-niveau dans des domaines tels que la sécurité alimentaire, le développement durable pour l’éradication de la pauvreté et l’énergie.

Nous devons également définir une nouvelle mesure de la croissance économique qui prenne pleinement en compte l’utilisation des ressources de notre planète et qui intègre de manière harmonieuse les dimensions économique, sociale et environnementale. Si nous abattons toutes nos forêts et pêchons tous les poissons, nous susciterons peut-être une croissance économique rapide, mais parallèlement, nous compromettrons notre potentiel de croissance future. C’est pourquoi l’Union européenne estime que nous devons convenir d’indicateurs complétant le PIB et intégrant harmonieusement toutes les dimensions de la durabilité. Nous avons besoin d’une mesure qui illustre véritablement le progrès. Nous devons savoir si nous sommes sur la bonne voie vers la durabilité.

Pour établir des objectifs mondiaux de développement durable et relever les défis futurs, un système de gouvernance internationale robuste s’impose. Il faut réformer le cadre institutionnel pour le développement durable, et c’est une grande priorité pour l’UE à Rio. L’Union européenne suggère d’accorder un statut plus élevé au Programme des Nations Unies pour l’environnement, permettant ainsi au système des Nations Unies de répondre plus efficacement aux besoins environnementaux dans le contexte du développement durable.

Le Danemark a prouvé que la croissance économique ne conduit pas nécessairement à une utilisation croissante des ressources. Au cours des trente dernières années, l’économie danoise a connu une croissance soutenue alors que la consommation d’énergie est restée pratiquement constante. Depuis les années 1980, la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie a été en constante augmentation et s’élève maintenant à environ 22 %. Récemment, nous avons approuvé une nouvelle stratégie énergétique nationale qui implique une réduction de 34 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020 (mesurées par rapport aux niveaux de 1990) et prévoit la construction de nouveaux grands parcs éoliens, dont l’effet combiné sera équivalent à la consommation d’énergie de 1,5 million de foyers danois. Notre objectif est d’atteindre une énergie 100 % renouvelable au Danemark d’ici à 2050.

Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a mis en avant une initiative pour parvenir à « l’Énergie Durable pour Tous » d’ici à 2030. Il s’agit d’un plan ambitieux avec des objectifs concrets pour les énergies renouvelables, l’utilisation efficace des ressources énergétiques et l’accès à l’énergie. J’espère que d’autres pays, les entreprises privées et les organisations de la société civile s’inspireront de l’exemple du Danemark dans ce domaine et s’engageront en faveur de l’initiative du Secrétaire général à Rio. Et il faut s’engager si nous voulons assurer une transition mondiale vers une économie verte - une transition dont tous les pays profiteront, quel que soit leur niveau de développement.

Nous ne voulons pas d’un monde où la concurrence pour les ressources rares est une source de conflits entre pays ou au sein des pays. Nous voulons un monde dans lequel nous créons et partageons une croissance économique en se fondant sur les principes de durabilité et en tirant parti des perspectives offertes par un avenir où les ressources seront de plus en plus rares - pour notre propre bien et pour le bien des générations futures.

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