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De s objec tif s c iblé s


Neeyati Patel

Chef du Service Évaluation scientifique (Sensibilisation : appui et publications), PNUE/ Division de l’alerte rapide et de l’évaluation

Charles Davies
Programme Officer,
Capacity Development Branch, UNEP/Division of Early Warning and Assessment

À en juger par le nombre de traités et d’accords internationaux adoptés au cours des quatre dernières décennies, la réponse de la communauté internationale aux défis environnementaux auxquels elle se trouve confrontée paraît impressionnante. Plus de 500 accords internationaux sur l’environnement ont été conclus depuis 1972, l’année de la Conférence de Stockholm et de la création du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). On peut citer en particulier certaines conventions historiques sur les changements climatiques, la diversité biologique et la désertification adoptées au Sommet de Rio en 1992, plusieurs traités sur les substances chimiques et les déchets dangereux et de multiples accords régionaux importants. Pourtant, malgré la multitude d’instruments juridiques et de bonnes intentions, les progrès réels accomplis dans la résolution des problèmes d’environnement ont été relativement limités.

Le cinquième rapport d’évaluation de la série « Avenir de l’environnement mondial » (GEO-5), publié le 6 juin, mesure les progrès ou l’absence de progrès vers la réalisation des objectifs environnementaux convenus au plan international. Ce bilan, qui fournit à la communauté internationale des informations actuelles sur l’état et les tendances de l’environnement mondial, prend pour point de départ 90 buts et objectifs environnementaux présentant un intérêt particulier pour les décideurs. Ces objectifs ont été négociés et établis par la communauté internationale pour atteindre, comme objectif global, un développement qui réponde aux besoins de la génération actuelle sans compromettre ceux des générations à venir. Parmi ceux-ci figurent des cibles et des indicateurs destinés à mesurer les progrès.

L’analyse secteur par secteur a permis de mettre en évidence les points suivants :

Atmosphère.
D’importants progrès ont été réalisés vers l’élimination des substances qui appauvrissent la couche d’ozone ainsi qu’en ce qui concerne l’abandon progressif de l’essence au plomb mais on a peu avancé, voire pas du tout, dans la résolution de problèmes graves comme la pollution de l’air à l’intérieur des bâtiments et les changements climatiques.

Biodiversité.
Certains progrès ont été enregistrés au plan des réponses stratégiques, comme l’accroissement de la superficie des aires protégées, mais rien n’a été fait ou très peu pour venir à bout de problèmes comme le risque d’extinction d’espèces ou la dégradation constante des zones humides et des récifs coralliens.

Eau.
Des avancées notables ont été accomplies pour ce qui est de l’accroissement du nombre de personnes ayant accès à l’eau potable et, dans une moindre mesure, au plan de l’accès aux services d’assainissement et de l’exploitation efficace de l’eau. On a toutefois peu ou pas progressé dans le règlement de certains problèmes comme la pollution marine. En outre, la probabilité d’une exploitation non viable de l’eau douce, en particulier en raison de l’épuisement des eaux souterraines, suscite des préoccupations croissantes dans de nombreuses régions.

Terres.
Certains progrès ont été faits dans l’amélioration de l’accès à l’alimentation mais des résultats modestes ont été enregistrés dans la lutte contre la désertification et les sécheresses.

Substances chimiques.
Certains progrès ont été accomplis dans le domaine des métaux lourds, des polluants organiques persistants et des déchets radioactifs.

L’évaluation GEO-5 aboutit à la conclusion que l’insuffisance des progrès accomplis s’explique en partie par le manque d’objectifs et de données précis et mesurables. Rares sont les objectifs environnementaux internationaux qui visent des cibles précises. Parmi ceux qui font exception figurent : l’objectif du Millénaire pour le développement n° 7, qui cherche à réduire de moitié le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable ni à des services d’assainissement de base; l’Objectif d’Aichi pour la diversité n° 11, qui vise à conserver, d’ici à 2020, au moins 17 % des eaux terrestres et continentales et 10 % des zones côtières et marines; l’élimination complète de certaines substances chimiques comme celles qui appauvrissent la couche d’ozone dans le cadre du Protocole de Montréal; l’abandon progressif de l’essence au plomb; et l’élimination des polluants organiques persistants (POP) visés à l’Annexe I de la Convention de Stockholm. Il convient de noter que les rares progrès notables accomplis portent sur des domaines pour lesquels des objectifs mesurables ont été fixés : l’élimination des substances qui appauvrissent la couche d’ozone; l’abandon progressif de l’essence au plomb; et, dans une certaine mesure, l’amélioration de l’accès à l’eau potable.

L’insuffisance d’objectifs précis et mesurables est particulièrement frappante dans des domaines comme les substances chimiques et la gestion des déchets; les habitats critiques comme les zones humides et les récifs coralliens; et la pollution des eaux douces, des mers et de l’air. GEO-5 estime en outre qu’il faudrait disposer de données plus complètes et plus fiables sur des questions comme la pollution des eaux douces, l’épuisement des eaux souterraines, la dégradation des terres, les substances chimiques et les déchets. Par ailleurs, un grand nombre des pays disposant de données appliquent leurs propres directives nationales plutôt que les normes internationales; d’où la difficulté de dégager des tendances mondiales ou d’établir des comparaisons entre les différents pays.

Les progrès réalisés vers la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) montrent que l’adoption de cibles spécifiques et mesurables peut susciter des efforts considérables en matière de collecte et de coordination des données sur les questions couvertes, comme le confirme le rapport 2011 sur les OMD :

« À présent, suite à tous ces efforts, les séries internationales servant à évaluer les tendances comprennent des données plus nombreuses pour tous les OMD. En 2010, 119 pays disposaient de données pour au moins deux points dans le temps pour 16 à 22 indicateurs, alors qu’en 2003 quatre pays seulement avaient une telle couverture. Cela s’explique par des capacités nationales accrues permettant de lancer de nouvelles initiatives pour la collecte de données et d’augmenter la fréquence de ces collectes. »

En résumé, en dépit de la multitude des objectifs fixés en matière d’environnement au niveau mondial, la communauté internationale a enregistré des progrès irréguliers en ce qui concerne l’amélioration de l’état de l’environnement. De fait, on a peu progressé, voire régressé, dans le règlement de la moitié environ des problèmes d’environnement analysés dans GEO-5.

GEO-5 démontre, entre autres, le grand intérêt que présente l’établissement d’objectifs spécifiques mesurables concernant un large éventail de défis environnementaux. Si une attention prioritaire doit être accordée aux domaines dans lesquels la communauté internationale a obtenu les résultats les plus médiocres jusqu’à présent, il faudrait traiter en premier lieu les questions suivantes : changements climatiques; pollution de l’air à l’intérieur des bâtiments; risque d’extinction d’espèces; étendue et état des habitats naturels, en particulier des récifs coralliens et des zones humides; espèces exotiques envahissantes; perte des savoirs traditionnels; accès à l’alimentation; désertification et sécheresses; approvisionnement en eau douce; stocks de poissons; pollution marine; et phénomènes extrêmes.

Le processus GEO

Le processus d’évaluation GEO, mené tous les cinq ans, fait appel à des centaines d’experts et d’institutions scientifiques ou spécialistes des politiques provenant du monde entier. Il se conclut par la publication de l’ « Avenir de l’environnement mondial », l’un des rapports phares du PNUE. À ce jour, quatre éditions sont parues, la cinquième de la série ayant été publiée le 6 juin. Ces rapports d’évaluation analysent de façon exhaustive l’état, les tendances et les perspectives de l’environnement mondial ainsi que les mesures envisageables.

En préparation à la Conférence de Rio+20 sur le développement durable, GEO-5 donne des informations récentes sur l’état et les tendances de l’environnement mondial, notamment sous l’angle d’un Système terrestre; examine les facteurs des changements environnementaux; analyse les politiques prometteuses dans les régions et propose des options stratégiques susceptibles d’aider les pays à accélérer la réalisation de ces mesures.

Pour accéder aux produits GEO et obtenir plus d’informations sur le processus GEO, consultez www.unep.org/geo

Ressources supplémentaires :

Le rapport « Keeping Track of our Changing Environment » (Suivre notre environnement en mutation) (http://www.unep. org/geo/GEO5_Products.asp) et GEO-5 : Résumé à l’intention des décideurs (http://www.unep.org/geo/GEO5_SPM.asp)

Le rapport

« Measuring progress towards meeting goals » (Évaluation des progrès vers les objectifs fixés) et la version intégrale du cinquième rapport d’évaluation de la série « Avenir de l’environnement mondial » seront disponibles sur le site www. unep.org/geo

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