Il y a soixante ans, à San Francisco, les membres fondateurs
des Nations Unies affirmaient leur détermination de préserver
les générations futures du fléau de la guerre et
de promouvoir la dignité de la personne humaine ainsi que le
progrès social. Si, en tant que communauté mondiale, nous
voulons tenir ces engagements, nous devons nous attaquer au problème
de l’urbanisation rapide du monde. Trop de villes actuelles sont
un terrain de prédilection pour la pollution, la pauvreté,
la maladie et le désespoir, alors que ce n’est en aucune
façon une fatalité. Avec un urbanisme rigoureux, nos villes
peuvent être le fer de lance du développement durable.
C’est notre message pour la Journée mondiale de l’environnement
2005. Des villes vertes, un plan pour la planète ! est à
la fois un avertissement et une profession de foi en notre capacité
de tirer parti de l’expansion des centres urbains au profit de
tous.
De
tous côtés, les villes réclament des réponses.
Dans le monde en développement, où la croissance de la
population urbaine est la plus forte, plus d’un milliard de personnes
sont condamnées à la pauvreté et à la maladie
parce qu’elles n’ont pas accès à l’eau
potable, aux plus élémentaires services d’assainissement
et à un logement correct, choses considérés dans
le monde développé comme allant de soi. Soulager la misère
des populations les plus pauvres de la Terre portera des fruits à
double titre : en permettant à ces populations de faire un premier
pas vers une vie meilleure et en participant à la protection
de l’environnement dont nous sommes tous tributaires.
Améliorer
l’assainissement dans les bidonvilles permettra de protéger
les réserves d’eau douce et la mer dans laquelle se jettent
tous les fleuves. Cela permettra aussi de sauver la vie à la
plupart des 6 000 enfants qui meurent chaque jour de maladies que l’on
peut prévenir et qui sont aggravées par le manque d’eau
salubre et d’hygiène. Remplacer les feux de bois par des
sources d’énergie plus durables aidera non seulement à
préserver les forêts, mais aussi à réduire
la pollution de l’air. Les maladies respiratoires sont responsables
de très nombreux décès et c’est dans les
mégalopoles en pleine expansion du monde en développement
que la qualité de l’air est la plus mauvaise. La pollution
de l’air peut aussi être combattue en épurant les
gaz d’échappement des véhicules et en encourageant
le recours à des méthodes appropriées de collecte
et d’élimination des déchets pour prévenir
les émissions de fumées toxiques résultant de la
combustion des matières plastiques et autres déchets.
Le
PNUE œuvre dans tous ces domaines. Nos programmes sur l’énergie
et les moyens de transport durables ont pour but de réduire les
conséquences environnementales de la production et de l’utilisation
de l’énergie, de la pollution locale de l’air au
réchauffement planétaire. Nous nous efforçons de
promouvoir des technologies douces pour résoudre les problèmes
de consommation d’eau et d’élimination des déchets
; notre programme de Villes durables—en partenariat avec le programme
Habitat des Nations Unies, apparenté au PNUE—aide les villes
à aménager et à gérer leur environnement,
ainsi qu’à partager les leçons de leur expérience
avec des collectivités locales et des gouvernements d’autres
pays du monde.
Les
défis posés par l’urbanisation galopante sont considérables,
mais pas insurmontables. Ainsi, alors que les villes—principalement
dans le monde développé—sont actuellement la principale
source de gaz à effet de serre émis surtout par les voitures,
les camions et les centrales électriques et responsables du changement
climatique, ces émissions peuvent être considérablement
réduites par une combinaison d’urbanisme éclairé
et de technologies utilisant des énergies propres.
Imaginez
une ville où les immeubles utiliseraient l’énergie
solaire pour produire leur propre électricité et gaspilleraient
moins d’électricité grâce à des éclairages
à économies d’énergie et à une bonne
isolation ; où les transports publics seraient abordables et
efficaces ; où les véhicules pollueraient moins parce
qu’ils seraient équipés de moteurs électriques
ou à hydrogène. Une telle ville est aujourd’hui
une partie de la solution, pas du problème. C’est la ville
du futur. Avec le soutien des citoyens, des entreprises et, surtout,
des gouvernements, cela pourrait aussi être la ville d’aujourd’hui.
Le
monde n’est pas à court d’idées pour trouver
des réponses aux questions soulevées par le millénaire
urbain. Sur toute la planète, et pas seulement dans le monde
développé, on peut trouver des exemples de communautés,
d’entreprises et de gouvernements œuvrant pour élaborer
une nouvelle conception de la métropole. Les centres-villes congestionnés
par la circulation sont rendus aux piétons, les espaces verts
sont préservés et agrandis, les programmes de recyclages
sont encouragés, des immeubles respectueux de l’environnement
sont construits. Ces exemples sont comme des semences. L’enjeu
est de favoriser leur développement, de les propager et de les
disséminer dans les lieux les plus reculés de la planète.
Les
villes sont le foyer de l’humanité—et son avenir.
En faire un avenir de paix, de dignité et de prospérité
est la responsabilité de tous. Il est donc juste que la Journée
mondiale de l’environnement 2005 soit célébrée
à l’endroit où est née l’organisation
chargée de représenter les intérêts de tous
les hommes, du plus puissant au plus humble. Nous, peuples des Nations
Unies, devons considérer l’avenir avec espoir. Cet espoir
est incarné par les Villes vertes.
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